Les documentaires télévisés

Les raisins de la misère

Réalisé par Ixchel Delaporte, Olivier Toscer • Écrit par Ixchel Delaporte, Olivier Toscer France • 2021 • 54 minutes • Couleur

Mondialement réputée pour ses grands crus, la région du Bordelais représente l’excellence à la Française. Mais cette carte postale idyllique a aussi sa part d’ombre. Les travailleurs de la vigne œuvrent dans des conditions de plus en plus précaires jusqu’à mettre leur santé en péril. Une fatalité à laquelle résiste une poignée d’entre eux.

Les Enfants martyrs de Riaumont

Réalisé par Ixchel Delaporte, Rémi Bénichou • Écrit par Ixchel Delaporte, Rémi Bénichou France • 2024 • 59 minutes • Couleur et Noir & Blanc

Une jeunesse en enfer. Créé en 1960, le village pour enfants de Riaumont, à Liévin, s’était donné pour mission d’éduquer des enfants et des adolescents en difficulté, le plus souvent issus de familles minées par la précarité et la violence. Avec sa ferme, ses animaux et son église, le cadre, agréé et financé par les ministères de la Justice puis de l’Éducation nationale, paraît idyllique. Mais derrière le décor de conte de fées, le séjour des jeunes pensionnaires se transforme en cauchemar. L’institution, tenue par une communauté catholique intégriste, ne se contente pas d’imposer une discipline d’airain ; elle multiplie maltraitances et abus. Punitions à coups de poing, de pied ou de ceinturon, claustrations dans les douches, travail forcé pour construire de nouveaux bâtiments rythment le quotidien des jeunes, vêtus été comme hiver de shorts en cuir rappelant ceux des jeunesses hitlériennes. Le fondateur du centre, le père Albert Revet, ne dissimule d’ailleurs pas son admiration pour l’idéologie nazie, collectionnant uniformes SS et casques à pointe. Pour parachever cette œuvre d’emprise et de destruction des identités, des dizaines d’enfants sont victimes d’agressions sexuelles ou de viols perpétrés par ces adultes censés prendre soin d’eux. Il a fallu attendre plus de quinze ans avant qu’un inspecteur du ministère de la Justice ne commence à pointer certaines dérives, puis qu’une professeure d’un collège voisin alerte les autorités. Mais le village d’enfants de Riaumont n’a été fermé qu’en 2019, soit six décennies après sa création… Multipliant les témoignages de victimes et les images glaçantes d’enfants défilant en bataillons militaires, ce documentaire pose une question essentielle : comment la société a-t-elle pu se rendre complice d’un tel piège, dont beaucoup peinent encore à se relever ? Comment les parents, les voisins du domaine, les gendarmes, les juges pour enfants, les assistantes sociales, les responsables des collectivités territoriales, des administrations judiciaires, sociales et éducatives, ou les ministères de tutelle ont-ils pu fermer les yeux aussi longtemps sur ces crimes commis sur plusieurs générations ? L’enquête, qui révèle aussi les liens de la communauté avec des réseaux d’extrême droite français, allemands et belges, remonte avec une efficacité redoutable aux racines du mal : l’alliance mortifère entre l’intégrisme catholique, le scoutisme militaire et une éducation par la violence, confortés par l’inaction des pouvoirs publics.

Les documentaires radiophoniques

Aux Tarterêts, la vie sans José

Un documentaire d’Ixchel Delaporte, Judith Soussan et Clotilde Pivin
31 janvier 2013

Personnage majeur du quartier, engagé auprès des habitants avec son « Amicale des locataires », José Kinkela est décédé d’un cancer en janvier 2012.Il écoutait et parlait autant aux jeunes déscolarisés qu’aux personnes les plus isolées.
La vie continue pour Sandrine et Jenna, ses filles, et pour ses compagnons de lutte Martine, Marie-Jeanne, Lysiane, Joëlle ou Cédric. Les difficultés matérielles grignotent toujours le quotidien et le sentiment d’être lâchés de toutes parts demeure. Mais restent tenaces les souvenirs heureux, la solidarité, l’envie de poursuivre l’œuvre de José et de maintenir l’Amicale, coûte que coûte.
Par la voix de ceux qui ont connu et milité avec José, c’est une parole différente sur cette cité, si décriée par les médias, qui se fait jour : un portrait sensible des Tarterêts.

François Delaporte : vie monastique, pensée en mouvement

Un documentaire d’Ixchel Delaporte et Christine Diger
19 décembre 2013

Mon père est un philosophe. Il passe la majeure partie de son temps à lire et à écrire. Depuis qu’il n’enseigne plus l’histoire des sciences à l’université de Picardie, son rythme de travail s’est intensifié puisqu’il consacre tout son temps à l’exercice de la pensée, à l’écriture de ses livres.
Dans la petite maison ouvrière de la rue Sylvius, à Amiens, mon père vit comme un ascète. Ses journées sont réglées comme du papier à musique. Qu’est-ce-que signifie le travail intellectuel au quotidien ? Comment mûrissent des idées et à quel moment peut-on les cueillir ? Qu’est-ce qu’une vie passée à penser ?J’ai voulu percer un mystère, celui de la petite fabrique des idées. Le travail intellectuel de mon père est ancré dans mon horizon et dans mon imaginaire. Ce documentaire est un voyage intérieur dans la chambre de François Delaporte, penseur, mais c’est aussi un dialogue entre un père et sa fille.

Le soin-étude d’Aubervilliers

Un documentaire d’Ixchel Delaporte et Julie Beressi
6 janvier 2015

Augmentation des difficultés scolaires, absentéisme, toxicomanie, fatigue ou agressivité… Autant de signaux d’alerte que l’institution scolaire peine à décrypter et qui peuvent être un indice des débuts de la schizophrénie. Le manque criant d’alternatives à l’hospitalisation a poussé le pédopsychiatre Yves-Claude Stavy à inventer un espace où les ados puissent, par le biais des études de la Seconde à la Terminale, continuer à circuler dans le monde.
Ils sont 36 adolescents, élèves de ce lycée unique en son genre. Quentin, Nassim, Cyril, Camille et les autres fréquentent depuis un, deux ou trois ans l’institut hospitalier soins-études pour adolescents, l’IHSEA. Structure pilote créée à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, en 2011, ce lieu permet à des jeunes porteurs de troubles psychiques de continuer à étudier tout en étant soignés. Cet institut accorde un autre regard à ces patients, parfois étrangers à leurs propres maux. Orientés par la psychanalyse lacanienne, les soignants accompagnent un dérangement intime et singulier et c’est à ce rythme que nous avons suivi élèves, cliniciens et enseignants pour comprendre comment s’aménagent, au quotidien, le désir d’étude et la maladie.
Retour en haut